Politique africaine 151

Cet article s’intéresse aux rapports différenciés des hommes et des femmes de l’Est et du Nord de la Sierra Leone à la collecte des taxes formelles et informelles. Il fait valoir que la littérature sur la fiscalité et l’égalité entre les sexes dans les pays à faible revenu doit accorder plus d’attention aux modalités réelles de financement des services publics par les citoyens. Il montre que la fiscalité formelle touche une proportion très réduite de la population, et en particulier de la population féminine. Dans les faits, les femmes participent le plus souvent au financement des services publics locaux par le biais de contributions informelles. Cette réalité va de pair avec un renforcement des inégalités entre les sexes, en raison des effets de la fiscalité sur la distribution du pouvoir au sein des ménages d’une part, et de la réduction induite des opportunités de représentation politique d’autre part.

Auteurs

Vanessa Van den Boogaard

Dr Vanessa van den Boogaard est docteur en sciences politiques à l’Université de Toronto. Son doctorat traitait du sujet de la fiscalité informelle et les relations entre l’État et la société en Sierra Leone et en République démocratique du Congo.  Elle continue de poursuivre des recherches sur ces sujets en République démocratique du Congo et en Somalie. Vanessa dirige le nouveau programme de l’ICTD sur l’engagement de la société civile dans la réforme fiscale et co-dirige également le programme de recherche sur la fiscalité informelle.